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En pays maraîchin paisible et isolé


Bordé par la vase et l’océan, prisonnier dans sa cuvette, le marais est inondé en hiver. Néanmoins, les moines d’Orouët rêvent d’en faire des terres fertiles et cultivables à partir du XI ème siècle et vont parvenir à remporter le défi de maîtriser l’hydrographie du marais. A la force de leurs bras, ils ont progressivement modelé les reliefs pour prendre des lopins de terre à l’océan. Chaque espace cultivable a été conquis sur l’eau.
Ce marais se peuple de maraîchins qui ne reculent pas devant le mode de vie très difficile lié à l’eau trop abondante de l’automne au printemps et rare en été.
Les déplacements ne peuvent se faire que sur l’eau à l’aide de nioleau ou de yoles propulsés par des ningles. Il a donc existé une véritable vie batelière dans le marais.
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Excellents pêcheurs, ils s’approvisionnent en poissons, anguilles et grenouilles du marais. Le maraîchin est avant tout agriculteur et parfois marin-pêcheur à la belle saison.
Sa communauté voisine dite « de la mer » ne vit que de la pêche côtière. Pêche à pied, au filet et en mer sur des petites barques locales.
Deux communautés isolées du reste du monde…. Oui mais plus pour longtemps !
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La première mode des bains de mer


Jusqu’au XIXème siècle, le rivage est synonyme de nombreux dangers endémiques : invasions d’ennemis variés, débarquements d’étrangers mais aussi de maladies et d’épidémies et de naufrages. Mais le regard change suite aux découvertes scientifiques des vertus supposées de l’eau iodée et de l’air marin. On croit enfin Euripide qui disait en 420 « la mer lave les maux de tous les hommes ». Le bord de mer devient alors un remède pour tout ou presque. Etes-vous asthmatique, tuberculeux ou simplement chétif voire fatigué, il ne manque pas de médecins pour vous prescrire derechef un séjour sur quelque rivage. Toute une industrie du bain de mer se met alors en place transformant Saint-Jean-de-Monts en Eldorado médico-touristique.
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Quelques aménagements et règlementations sont à prévoir pour accueillir les premiers baigneurs à partir des années 1850.
-    En 1867 est aménagée l’actuelle avenue de la mer, seule voie carrossable entre le bourg distant de 1500m et le littoral.
-    En 1872, l’administration des Eaux-et-Forêts consent à céder à la commune de part et d’autre de cette voie et sur un front de 300m de largeur face à l’océan près de 3ha de dunes afin d’y permettre la création d’un lotissement. Le futur Hôtel de la Plage et une vingtaine de villas, aux façades de galets de côté y sont édifiées rapidement et le long de la voie également.
Il faut aussi se prémunir de la déchéance, des trop gros et trop rapides changements de mœurs. Des arrêtés municipaux clament haut et fort le respect de quelques règles de bienséance surtout pour ce qui concerne les tenues de bain et les distances à respecter entre hommes et femmes lors de la baignade !
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L’arrivée de ces premiers touristes est une aubaine pour les habitants locaux. A l’entrée de l’Hôtel de la Plage attendent boulangers, bouchers, charcutiers, épiciers en tenue, qui tout en saluant les estivants, distribuent les cartes de leurs commerces. Ceux-là même qui passent le soir dans les villas, carnet à la main, crayon à l’oreille, pour prendre les commandes. L’activité balnéaire génère de nouveaux petits métiers dont celui des loueurs d’ânes. Ces promenades, la pêche aux pignons et la bicyclette constituent les nouvelles réjouissances balnéaires.
La jeunesse du pays offre un peu de folklore aux touristes : habillés de costumes traditionnels, ils dansent pour eux notamment dans la cour de l’Hôtel de la Plage.
Les vacanciers qui ne dégustent encore ni gaufres, ni chichi, ni glaces s’offrent quelques biscuits, bonbons ou sucettes au Café-buvette, une baraque en bois construite sur le sable à l’entrée de la plage.
Et c’est ainsi que se côtoient l’oisiveté et le labeur… Sur la plage, les premiers baigneurs se mêlent avec curiosité aux pêcheurs et leur matériel de pêche (canots, diables, casiers et filets).
L’Hôtel de la Plage, est le théâtre d’un bouillonnement artistique jusque dans les années 50, au même titre que l’Hôtel des Voyageurs dans le centre bourg. Il est en effet le quartier général de plusieurs générations de peintres charmés par la lumière, la population locale et les premiers baigneurs.
Grands amateurs de peinture, les deux hôteliers logent les artistes en échange de quelques toiles
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La grande évasion de l’été
La ruée vers l’or du tourisme


Anne Ripoche, médecin et ancienne conseillère municipale se rappelle l’année 1948 quand « ce fut l’explosion, et il faut préciser ici la stupeur des vieux vacanciers devant cette fulgurante évolution ». La révolution des cong’pay débarque après-guerre sur les littoraux avec son lot de vacanciers gastéropodes à la recherche du tryptique mer-plage-soleil ! Les cm2 de tissus sur les maillots diminuent fortement et les peaux prennent des légers hâles.
Après les changements de costumes, s’opèrent des changements de coutumes, la plage devient un autre décor. Désormais c’est le corps qui parle. On ne se cache plus pour se changer. La plage est plaisir et séduction.
Au programme des journées estivales, la voile et l’automobile se déclinent en régates, concours et soirées d’élégance. Europe 1 et Michelin entretiennent toute une culture populaire du jeu sur la plage.  Les vacanciers bougent du bassin au dancing du Casino tout juste ouvert.
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Il faut anticiper le développement spectaculaire de la station balnéaire. Un échange de forêts avec les Deux-Sèvres permet la création de parcelles à bâtir. Le promoteur Minélian annonce qu’il est possible « d’être locataire ou propriétaire sur le front de mer de la « Floride française » dans les meilleurs conditions ».
La SACOM  (Société d’Aménagement de la Côte de Monts), symbole du progrès et de la modernité, est créée pour pouvoir accueillir le plus de touristes possible. Dans les années 1960, rien ne paraît insurmontable. La partie Noord du front de mer actuel de Saint-Jean-de-Monts cristallise tous les désirs d’aménagement. Les sociétés Merlin et Palvadeau développent des constructions selon un cahier des charges qui doit casser le côté rectiligne du front de mer, respecter la clientèle familiale et s’adapter aux besoins de l’automobile.  
Vive les Trente Glorieuses : la liberté, l’enthousiasme et l’entreprenariat !

C’est en 1990, alors que les attentes des vacanciers se modifient que Saint-Jean-de-Monts se lance dans une étude pour la revalorisation du front de mer. Il faut privilégier qualité, cadre de vie, habitat, services et organisation. L’esplanade de la mer est redessinée et herborée.
Les façades se dotent de nouvelles couleurs. Les équipements de loisirs continuent de fleurir.

L’urbanisation de ce front de mer doit donc être expliquée dans son contexte économique et social : les vacanciers rêvaient de vue sur mer en location ou en propriété. L’étalement urbain n’a pas été privilégié au profit de l’habitat vertical pour garantir au maximum la préservation des espaces encore vierges.
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La fin de la conquête de l’Ouest : l’estacade


Après le marais, la forêt, la dune, l’océan tente d’être conquis.
Une estacade… c’est le rêve de Pierre Farcy, maire de Saint-Jean-de-Monts et conseiller général de la Vendée qui pense trouver le moyen de relier l’Ile d’Yeu. Cet estacade ne constituera pas un port, des contraintes techniques et de sécurité l’en empêchant mais simplement le bonheur de milliers de touristes qui aiment s’y promener, admirer le spectacle de la mer, prendre du recul sur le littoral et pêcher à la ligne. Seul Ernest Pajot, patron de l’Amazone y risque l’accostage et emmène les touristes en mer. 400m de long et 10 tonnes d’azobé, dit « bois de fer », pour cette œuvre « d’art » ! Inaugurée en 1967, elle dépasse la Tour Eiffel et de loin toutes les autres estacades de la côte Atlantique.
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Dominer l’océan est une quête ambitieuse, si tant est qu’elle soit possible !  Les tempêtes de 1987 et l’hiver 1990 ont amputé l’estacade de dizaines de mètres. Fière de ce « trait d’union » entre l’île d’Yeu et la côte, de ce pointillé dans l’océan, la ville de Saint-Jean-de-Monts décide de reconstruire une nouvelle estacade, identique à la première ! Les vestiges de l’ancienne estacade sont disséminés dans la ville et sur la terrasse d’entrée de la nouvelle estacade découpés en morceaux de madriers.
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