La fête à Saint Jean de Monts
Souvenirs de Claude Bouillon
« On pensait plus à déconner et déconner c’était surtout draguer ».
« Le Gill’s Club était tenu par Gilles Nicolas à la plage des Tonnelles sur la route de Notre Dame de Monts. Gilles Nicolas avait acheté une vieille bourrine. Il avait fait peu de frais, à part refaire le toit de chaume. Le sol était en terre battue, sur lequel il avait déposé du gravier. Puis, il avait installé un bar en bois. Gilles qui était musicien de Jazz connaissait beaucoup de monde dans le milieu. A cette époque, il y avait beaucoup de tournée pendant la saison estivale et lorsqu’un musicien passé par exemple aux Sable d’Olonnes, le lendemain ou après le concert il venait jouer chez lui. Il y avait une très bonne ambiance. Nino Ferrer, par exemple a commencé à roder ses tournées chez Gilles Nicolas dans les années 63-64. C’était une boîte de nuit qui était basée sur la musique.
Après la boîte de nuit qui marchait le mieux c’était Le Tango, tenue par Madame Mièle (Mimi). Cette boîte de nuit, j’y ai passé toutes mes soirées. Comme j’avais créé mon restaurant La Bouffonnerie, après la fermeture on allait boire un verre et on se retrouvait chez Mimi. Le Tango était sur le remblai à la place de L’Atlantic.
Une autre boîte, La bourrine, était tenue par Abel. Abel avait travaillé très longtemps dans un cabaret à Paris. Il avait créé sa boîte de nuit dans la cave de son pavillon situé dans le quartier du Devallon, à côté de la Cloche d’Or. Il avait installé un bar en bois, il n’y avait ni réfrigérateur, ni congélateur. La musique, c’était un garçon qui mettait les disques sur une platine….ça marchait très fort.
Il y avait aussi Le colvert qui était sous la Pastourelle, ensuite Le Prosper qui s’est installé avenue de la mer et entre temps, à Challans s’était ouvert une autre boîte de nuit qui s’appelait La Chapelle, tenue par Dominique Riellan. On n’y allait pas pour prier…
Le point de ralliement pour faire la fête à cette époque, dans les années 60-70, était Le Cristal, un bar qui était situé près de la Pastourelle. On se donnait rendez-vous le soir vers 21 h. On se retrouvait là à une trentaine, une quarantaine de jeunes, fille et garçon, à chaque fois. C’était un groupe énorme et tout le monde s’entendait bien. On mangeait et ensuite on allait en boîte de nuit. On mettait alors une certaine ambiance, on était content.
La nuit se passait et puis on rentrait. On ne buvait pas tant que ça, un peu de vin rouge, mais jamais d’alcool fort. On n’avait pas les moyens.
Pourtant à cette époque, dans la bande de jeunes que nous étions tout le monde travaillait, même si nous ne gagnions pas beaucoup d’argent. Mais personne n’était en manque de quoi que ce soit, c’était une ambiance bon enfant. On voulait surtout tous s’acheter des petites voitures de sport pour faire les coquets, des voitures anglaises, Triumph, MG, Alpha Roméo et on frimait. »